" Douma. Tel fut l'unique dissyllabique, pensé comme suffisamment court pour faire disparaitre tout éventuelle sensation de lourdeur syntaxique dans l'esprit du lecteur, qui vint subitement à l'esprit embrumé de L. Bien décidée à en finir avec les étiquettes, cette dernière usait désormais d'énigmatiques réponses lapidaires, telle une veuve afghane éplorée (car chacun sait que les femmes afghanes ont un formidable bagout, une fois leurs époux dans la tombe), nouvellement décidée à enfin s'enfermer dans un digne silence. Oppressant silence duquel ne ressortait qu'une angoisse névrotique, celle d'une Fatwua lançée contre L. & ses pensées intérieures, (destinées d'ailleurs à ne pas être sorties de leur contexte, sans quoi elles ne veulent plus rien dire), par quelque odieux fondamentaliste chrétien défenseur de la cause islamiste, lorsque elle s'efforce de ne pas faire de victimes en grand nombre. Puis, bien qu'il fusse douteux qu' L. et son agnosticisme fussent bientôt pris en otage par une guérilla formaliste, attachée au respect des droits de la femme en Afghanistan et dans quelque autre lointaine contrée démocratique, L. , tant par acuité que par fourberie occidentale, se signa bien vite avant de se reprendre, prétextant que d'ailleurs libre était à chacun d'interpréter ces dires d'une rudesse objective exemplaire tel qu' L. le voulait, c'est à dire, avec indulgence, distance et modération. Parlons donc de l'ex bloc soviétique et de ses veuves éplorées (car chacun sait que les femmes soviétiques ont un formidable bagout, une fois leur époux aux mains rigoristes du KGB). Qui plus était ces dernières et leurs époux morts dans la tombe n'iraient pas se plaindre, les formalistes soviétiques crédités de quelques 1.2 % aux dernières élections, se faisant plutôt rare de nos jours. Enfin. L. avait donc décidé de s'en tenir à un laconique silence, nul ne savait trop en l'honneur de quoi, de qui, ou de quelque autre nouvelle lubie juvénile car après tout nul axiome à la taciturnité adolescente n'ayant communément émergé des ères céphaliques respectives de kami et Calum .ET Jane, nulle litanie méprisablement populaire ne pouvait donc être écartée. L. rendue impénétrable de part le parapet protecteur qui s'était formé autour d'elle tel un bouclier d'acier, perméable aux seuls appels de la boustifaille, lorsque celle-ci est végétarienne / certifiée biologique & issue du commerce équitable (c'est dire l'idéalisme de cette dernière -) survolait indifférente l'oralité verbeuse de ses pairs (- dans un monde où même le modèle de la république populaire (égalitaire et démocratique) ,située quelque part en Asie Orientale, fait son marché au rythme du dollar ). Résistant ainsi aux agressions - nombreuses et répétées - de son épouse kami, L. se muait en une carpe maoïste, s'enfermant dans un silence qui somme toute n'inquiétait personne (n'étant pas un frein majeur aux relations lubriques) , mais entravait sérieusement les relations entre personnes, susceptiblement nécessaire à toute relation maritale. (l'amour oh l'amour "ne pouvant se résumer à quelque positions primaires de culbutes chinoises et autres lazzis tibétaines, mais devant fermenter (oui, tel est le mot exact) en une aménité profonde et respective, teintée d'intérêt et de respect mutuels." Tels étaient les dires circonstanciels de Calum E.T Jane en ce jour, -(dires d'ailleurs contraires à ses vues intrinsèques) susceptibles - comme chacune le savait - de changer au vues des circonstances. Résolument égocentrique, L. avait entrepris un long travail de replis sur elle-même, prétextant une retenue naturelle ainsi qu'une circonspection naissance. Blessée dans son orgueil de femme célibataire, (ouvertement nubile) (serait-L. d'ailleurs potentiellement victime de quelque couple pervers médiatiquement visible, si l'humour noir nous autorisait à dire de telles choses, sans crainte du lynchage populaire). Suggestion à part, cette dernière noyait son désespoir et ses dents calcifiées dans son mare de café quotidien, Confiant bientôt à son thermos qu'il est son seul ami et qu'elle l'aimera toujours. En réalité (car à défaut d'être sincère, L. se devait d'être franche), portant un regard objectif sur sa condition bourgeoise (car quoiqu'on en dise les châtelains britanniques sont d'authentiques snobinards, so broke are they), L. se voyait misérable et culpabilisait même de détenir secrètement 40¤ dans son coffre baroque, pensant aux réfugiés Yougoslaves affluant d'europe orientale en grand nombre en cette sombre époque où mêmes les tentatives les plus hardies de survies volontaires (parce que frigorifiques les convois quand même !) étaient alors considérés comme entrée illégale sur le territoire. Triste époque, abstraction faite des avantages fiscaux dont bénéficiait la caste supérieure, mais enfin fort heureusement mes parents clairvoyants sont habiles/riches et mon nom Fortuné. (Hum.) (qu'apprends-je, la Yougoslavie n'est plus ?). Au cul professoral de l'historien, qu'importe. Entre Serbe et Kosovard, mon coeur balance comme dirait l'autre. Le Kosovo est serbe ? Hum. Dans ce cas, je me marierai avec dieu, qu'importe qu'il ne soit pas d'accord. Miséricorde ! si même dieu et son allure de Chabal rechigne aux plaisirs de la chaire, je rentre dans les ordres moi aussi. Emmurée dans ses turpitudes intérieures, L. songeait à kami qui, pensant à L. se demandait si cette dernière n'était désormais pas bassement in love, tout comme l'était Calum E.T Jane depuis maintenant une semaine, 2 jours, 5 heures et 75 secondes. Ressortait d'ailleurs de cet amour une mièvrerie fugace, une allure de pédale qui s'assume, cigarette au bec, rose à lèvres douteusement naturel et ongles carmins sentant la naphtaline. (Le rouge domine ? Plaigniez vous en kami, c'est un des nombreux coloris qu'elle et son amour d'un monde monochrome abhorrent ). Calum, revenons en à lui, passait un temps fou à jouer la pétroleuse. Et pensez vous, il excellait comme dans toute chose pour lesquelles les êtres ont un penchant naturel. Que voulez vous, nul ne nait homme pour rien. "