[ARTICLE] "Tout aussi écarlate que l'eut été un gazon- rubicond, L. continuait à jurer. "Par Artémis, encore un mot et je lui décalcifie le dentier, en commençant par les molaires du fond."

  "Tout aussi écarlate que l'eut été un gazon- rubicond, L. continuait à jurer. "Par Artémis, encore un mot et je lui décalcifie le dentier, en commençant par les molaires du fond."
" Caressant la brume hivernale de son regard vitreux, L écoutait avec approbation et contentement le silence matinal des corps qui s'animaient autour d'elle, la résonance des plantes de pieds dans les entre deux portes, les bols à frange flottant étrangement dans l'espace inter-kitchennaire, les diverses médisances murmurées qu'ont supposaient discrètes, les gloussements dindonniques d'un Calum E.T Jane en grande forme, la vivacité discourtoise d'une kami sol-en-cirque et l'agréable silence d'un Arthur, résolu à quitter l'aile centrale du donjon, au profit de l'aile supérieure, aile supérieure qu'il quitterait d'ailleurs quelques temps plus tard, suite à un singulier désaccord sur la façon de mener à bien une cessation d'existence volontaire, sans toutefois trop prendre la peine de souffrir. Arthur avait donc plié bagage, l'air juvénile et boudeur, repliant ses mains autour de l'ère faciale en guise de bouclier, l'air désolé et piteux, qu'il s'efforçait de masquer, sûrement honteux de concourir ainsi, par son départ précipité, au déclin d'un royaume qui bientôt, du moins si les choses persistaient en ce sens, ne serait plus qu'un vaste manoir pour fantômes, où vampires déserteurs et autres korrigans danseraient avec ferveur, jusqu'à la fin des temps. En attendant ce jour béni tant attendu par les mauvais esprits de ce monde, où anciens déistes et athées convaincus pourraient danser ensemble à la lueur de braises incandescentes en provenance d'un Hadès enflammé, nos trois protagonistes veillaient à resserrer leurs liens jusqu'à ce que morsure suive, c'est à dire jusqu'à ce que la lassitude de figurer ensemble sur le tableau des biens portants, inscrite au coeur de "l'individualité humaine dans son ensemble" (périphrase compliquée désignant la nature humaine) vienne à bout de l'amour erratique que les êtres se portent. L'hétérogénéité d'un Arthur misanthrope, qui parvenait à porter dans son coeur des êtres de la plus basse niaiserie était apparu très vite en parfaite discordance avec l'homogénéité du groupe resserré d'esprit vengeurs, supposé lui tenir lieu de compagnie galante. Dès lors, notre trio travaillait harmonieusement à s'aimer, tachant d'oublier ledit Arthur en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Dans ce havre de quiétude singulière où l'usage systématique des bienséances dans le langage parler tendait à drastiquement limiter la conversation, et où la paix semblait avoir refait surface depuis la récente éviction d'Arthur, L. fustigeait désormais avec intempérance l'indécision des rayons solaires à décimer au plus vite les derniers traces du passage dArthur sur son corps de nubile, qu'il lui semblait voir à travers le brouillard. kami qui de toute évidente, n'était pas disposée à feindre un éventuel désappointement jugea bon de prétendre à l'indisposition , se dispensant ainsi avec intelligence, de la liturgie bienséante consécutive à tout départ. Quant à Calum E.T Jane, chez qui Dieu avait visiblement substitué le brio au bon sens, il demanda à L, toujours dangereusement accolée à la vitre de la cuisine, quand Arthur reviendrait. L., alors ulcérée, éclaterait de colère, tempêtant avec une ivresse liquoreuse aux relents de cidre but et de divers alcools, agitant grandement les bras, à la manière d'un Lénine spongieux galvanisant les prolétaires, tomberait alors sauvagement sur ce dernier, auquel elle conseillerait fermement de garder le silence, définit par ses soins & le biais d'une habile périphrase comme " le choix sage, s'opposant à la prise de parole spontanée et irréfléchie " . Calum E.T Jane, peu résolu au mutisme par essence, se saisirait alors lestement de L., qu'il ferait tournoyer dans les airs, tout en lui conseillant de lire la foire au vanités, qui était quelque part dans sa chambre, perdu entre un Ionesco victime expiatoire de la censure famitale, qu'il lui fallait cacher, et un Lorenzaccio impropre à la lecture depuis le fameux incident du mois dernier qui avait tant fait jaser ses deux épouses, l'une et l'autre persuadée de leur culpabilité réciproque, à qui il avait fallu conjointement faire entendre raison, mettant en avant le fait que la plus raisonnable des deux.assisterait Dieu dans le déploiement vespéral de sa force virile pétaudière. A partir de cet instant, l'une comme l'autre s'en tinrent à un vicieux silence, l'espoir d'assister Dieu. dans sa mission ragoutante d'épandage les ravissant communément, sentiment typiquement féminin qu'il s'efforça d'interpréter schématiquement, comme le font tout les hommes chez qui la vision schématique des choses à remplacé la sensibilité, comme l'une de leur nombreuses raisons d'exister. Raison parmis tant d'autres qui, selon ses dires de jeune-hâbleur-couperosé-gay, concourrait surement à l'infériorité de cette faible race qui le faisait tant rire, et ne lui déplaisait pas tant, du moins dans l'esprit libertin de certaines. Déambulant en toge romaine bleu roy entre les perces neige que kami s'évertuait à faire pousser dans l'allée secondaire du jardin principal, il soupira d'aise et d'appréhension quand aux conséquences prévisibles de la promesse mirifique qu'il venait inconsciemment de formuler. "Par Jupiter, tonna-t-il à voix basse, me voici bientôt assailli sur tous les fronts. D'avant en arrière, je suis fait comme un rat ". Puis, soufflant dans ses mains pour dissiper le brouillard de sa vie, il se mit à sourire, gouailleur mais à nouveau de noirs nuages s'amoncelèrent en son être, et il se sentit contraint par une force supérieure, sans nul doute Athéna, avec qui il était dans les plus mauvais termes, de reprendre son racontar là ou il l'avait laissé. Ce dernier repris sur le sentiment pervers d'émulation sexuelle qui agitait les hormones féminines depuis leur tendre enfance (quel père crédule serait d'ailleurs soucieux de déceler en sa fille, 8ème merveille du monde nouvellement née à ses yeux charitables, l'odieuse petite vicieuse à laquelle sa condition biologique dabbleX la prédestine pourtant). Le prosélytisme d'un Calum E.T Jane avait aisément suffit à faire plier kami , chez qui la force de caractère était moindre en raison de son jeune age mais n'était parvenu à calmer la fureur hystérique d'une L. plus que jamais menaçante. Une fois de plus, tout cela n'était la faute que de ces foutus romantiques,(l'évidence du lien Lorenzaccio -Musset n'ayant échappé au lecteur supposé),frondeurs mélancoliques au froc défait par la corole d'une rose en pleine émanation, ou ce genre de lascives banalités sent-bon. Bref, ce genre d'exécrables pralines à la Musset et à la Nutini qu'il s'était jurer hâtivement de ne plus jamais lire. Deux jours auparavant, une de ses femmes, peu importe laquelle, s'était subrepticement introduit dans sa chambre pour lui subtiliser ledit Lorenzaccio , seulement, son autre femme, était alors entré à son tour dans sa chambre, pour d'ailleurs y faire on ne sait encore trop quoi, peut-être la même chose dirait les mauvaises langues. Ces tentatives féminines répétées de subtilisation en tout genre furent tolérées jusqu'au jour où Calum E.T Jane revenant tout juste de la cuisine pour s'y peinturlurer les ongles et se racler la corne - peu esthétique - qu'il avait sous les pieds se mit en tête de lire une de ses mièvreries gouteuses que les poètes et écrivains du XIXème pondaient avec la flegme spontanée d'un candidat à l'exil volontaire, en l'occurrence Lorenzaccio qui par la coïncidence la plus hasardeuse se vit maculé de pluri taches de graisse d'origine douteuse. Par une tout autre coïncidence, tout aussi hasardeuse, le fantôme bien portant de kami se montra soudain furtivement dans l'entrebâillement de la porte, dorée à l'or fin, qui constatant l'afflux sanguin inhabituel au visage de Calum E.T Jane, s'empressa bien vite de s'évanouir à nouveau dans l'immensité du domaine. L. ne put s'empêcher de sourire sans raison apparente, ne serait-ce le spectacle visuel qu'offre un éréthisme cardiaque sur une peau laiteuse sujet à la dilatation veineuse. De toute évidence, la rodomontade ne fut guère apprécié que de L. et équivalut de suite à une suspicion marital. Calum E.T Jane, qui avait jusqu'alors sut resté d'un calme relatif, se mua en un Mufassa rubicond, et sans nul ménagement pour sa femme, la poussa sauvagement hors de sa chambre et déchira précautionneusement en quatre morceaux d'égale importance, le manuscrit de 100 pages qu'elle lui avait écrit la veille. Puis, honteux, tout comme l'avait été Arthur un peu plus tôt dans la journée, il ouvrit la porte et se jeta aux pieds de L., postée placidement là ou sa sauvagerie l'avait déposée quelque secondes auparavant, hurlant de tout son saoul que l'homme, si faible soit-il, n'en demeure pas moins perfectible et qu'il fera TOUT "écrit en grand caractères" pour se faire pardonner ce nouvel excès puéril de colère, typiquement masculin.L. qui le dévisageait d'un air désapprobateur volontairement méprisant, ordonna à sa lèvre inférieure de sourire. Face à un mea culpa si théâtrale, face au truculent repenti masculin, la lèvre supérieure suivit, et bientôt un cercle lumineux entoura le visage de L. d'une aura rougeoyante. Et tandis que les rancoeurs juvéniles qui avaient opposées ces deux derniers se mouraient dans un coin de la chambre, dans une totale indifférence, Calum E.T Jane et L. valsaient ensemble dans un coin du salon. Au dessus de leurs têtes insouciantes, chancelaient avec désinvolture les candélabres qui ornaient les lustres baroques d'importation suédoise. kami , sondant avec prudence l'humeur vespéral du jour chez ces deux derniers, jugea commode de s'aventurer aux prises de libertins railleurs, et ne tarda pas à bientôt les rejoindre. Leurs ombres mobiles en dessinaient d'autres, dansantes et fanfaronnes sur les murs du salon. Toutes ne firent bientôt plus qu'une et tandis qu'ils scellaient ainsi leur destin en une aménité communément rêveuse, aspirant à vieillir ensemble, remettant à demain ce que que la prudence leur conseillait de mener à bien dès maintenant et planifiaient dors et déjà leur lointain départ pour l'extrême Nord et la Russie,Arthur était déjà loin."

# Posté le samedi 22 mars 2008 14:37

Modifié le mercredi 26 mars 2008 14:41

" Une fois n'est pas coutume, certaines personnes se réveillerons amères d'un sommeil léthargique et réaliserons, coutume ne faisant pas toujours foi, qu'elles se sont trompées sur mon compte [...] " [ARTICLE XLIX]

" Une fois n'est pas coutume, certaines personnes se réveillerons amères d'un sommeil léthargique et réaliserons, coutume ne faisant pas toujours foi, qu'elles se sont trompées sur mon compte [...] " [ARTICLE XLIX]
En toute relative objectivité, je dirais qu'un roman ou que toute autre entreprise littéraire dont la finalité la plus ultime est de passer un jour sous les feux critiques de la publication, ne peut fonder son entrée en matière sur la narration, dès lors tout lecteur avertis prendrait peur et s'enfuirait à toutes jambes, la perspective de noyer son ennui et sa frustration dans l'indéfinissable lourdeur Balzacienne ne l'incitant guère à lire intégralement la totalité des caractères, passées les cinq premières pages. Pis encore sont ceux nourrissant l'ambition lumineuse de faire l'impasse sur tout préambule narratif, -et nous français avons d'ailleurs la chance (si m'exprimer ainsi ne tient pas de l'antiphrase) d'en compter quelques effrayants spécimens bien connus, et fort heureusement morts depuis - Ces originaux fumeux ou écervelés plein d'esprit ( car après tout certains dirons que cela n'est qu'une question de point de vue) ont très vite perçu l'intérêt de l'entrée en matière directe, avec tous les inconvénients que cela suppose (entre autres l'égarement du lecteur néophyte plus rapide); préférant la vivacité d'un dialogue impétueux, souvent incompréhensible d'ailleurs mais enfin nous tacherons de ne rien en dire, l'absurde ayant toujours la côte chez quelques obscurantistes formalistes. Invoquant le plus fourbe des prétextes, à savoir la tolérance, je dirais aux admirateurs de Ionesco, Beckett et autres français s'essayant à la sauce roumaine, qu'il leur est après tout loisible de nipper leur culture littéraire de réformistes avec du vieux. Enfin, (car nous tacherons de ne guère nous trop éloigner du sujet principal, à savoir l'importance/ l'inutilité de l'entrée en matière dans toute autre entreprise littéraire.), il s'agira de tirer des échecs susdit les conclusions qui s'imposent. Pour ma part, (car il s'agit avant tout de cela), étant arrivée à la conclusion que nulle n'ai été réellement réussie par nos paires, les plus illustres en tête, j'ai donc décidée, non d'en faire l'impasse (nous parlons toujours de l'entrée en matière pour les quelques lecteurs égarés) mais de simplement m'en tenir à un soupir. Pour le reste, d'avance futile, il est à présager aussi inintéressant que l'est le corps central de Moderato Cantabile (pour ceux à qui cela est susceptible de dire vaguement quelque chose, (car après tout l'on oublie jamais aussi vite un mauvais livre que lorsqu'il l'est sincèrement et que la critique l'élève au rang d'oeuvre monumentale de la littérature singulière) bref aussi lancinant, égarant que ce que l'amorce de ce dernier, inexistante, avait laissée présager.

- soupir -

C'est en raclant le fond de mon palet pour venir à bout de quelques morceaux de figues, chaudement blottis entre deux molaires, assise comme chaque matin, 7h00 bien que nous soyons samedi, devant un bol de caféine pure , coupée avec de l'eau pour rendre l'amertume du fruit plus supportable, qu'il me vient à l'esprit deux faits majeurs. Le premier étant qu'ayant été subrepticement surprise en compagnie paternelle, il me faut absolument trouver un moyen, si possible irréfutable, de nier farouchement toute filiation biologique directe entre moi même et mon supposé géniteur (car après tout, il n'est rien dont nous pouvons être vraiment certains), prions donc pour que cette citation extrait d'un livre de philosophie il y a quelques années, et déformée depuis, soit vraie. Une fois prouvé que mon père, que le corps médical et les autorités civiles avaient chacun désignés (et je dirais de manière hasardeuse) comme mon malheureux géniteur; n'est pas vraiment mon père, me restera à prouver que mère doctrinaire n'est, aux vues des dissemblances physiques et plus encore morales, de même pas vraiment ma mère. Une fois libérée de toute oppression parentale, me restera alors la plus hardie, sinon la plus honorable des tâches dont je parlais tout à l'heure : la rédaction d'un manifeste, que ma fausse modestie à la rousseau m'interdit formellement de qualifier en des termes laudatifs, autre que "sublime". Le jour viendra donc où j'exposerai , au grand damne de mes anciens professeurs, persuadés qu' en une une si bonne élève, nulle perfidie du genre ne pouvait sommeiller, l'exhaustive intégralité (bien que je peine moi-même à croire que cela soit possible) des suggestions dont mon esprit fumeux, qui parvient tout de même , en philosophie, à des notes dont peu auraient à rougir, m'aurait fait part. J'y remettrai notamment en cause l'enseignement des mathématiques en anglais et autres stupidités de ce genre (qui de toute évidence, ne peut aider d'une quelconque manière les élèves à acquérir de plus amples capacités linguistiques). J'y formulerai également un voeux, qui m'est cher, celui d'intégrer une nouvelle discipline au programme de terminale L , regroupant elle-même plusieurs disciplines ou modules, visant à faire acquérir à une élite (car qu'est-ce donc qu'un chat hormis un chat ?) de plus solides connaissances sur la fonctionnement de sa langue maternelle (le français en l'occurrence). Tout cela, regroupé sous le nom de sémantique, ou linguistique après tout je ne sais trop encore, ou bien encore ces mêmes disciplines regroupées sous l'appellation barbare de "Sciences du langage" comme cela est d'usage à l'université. Pour cela, il faudra bien sur compter sur le bon sens de chacun, professeurs de philosophie en têtes, qui consentiront, je l'espère, à réduire d'eux même, significativement leurs heures (nombreuses) d'enseignement. Cela ne fera d'ailleurs que les décharger d'un poids-lourd, (s'il m'est permis de regrouper sous ce terme le corps étudiant dans son ensemble). (car il est bien évident que, disons 90 % des élèves de Terminale soit, se désintéressent partiellement de cette discipline gros-coef (7 tout de même, ne l'oublions pas) ou ne sont pas en mesure (ne faisons pas l'impasse sur cette minorité) de saisir toute la subtilité qu'impose cette même telle discipline. ) Dès lors, il est donc souhaitable de retrancher quelques heures (disons 2 pour ne pas faire frémir bien que mon voeux initial se portait davantage sur l'entier supérieur) à cette discipline afin de favoriser l'avènement d'une nouvelle, et non la moindre. (certains réfractaires à l'évolution banlieusarde de notre langue me comprendront sûrement.) Maintenant que voilà votre curiosité, j'ose l'espérer naturelle, rassérénée de part ce premier jet, je pense reprendre là où j'en étais plus haut. (ne levez pas les yeux, je me suis moi-même donnée cette peine avant d'écrire la phrase qui suit). Ce manifeste qui, bien qu'il n'en ai nullement la prétention, aura sans doute l'effet d'une bombe, (mon égo vaniteux et moi-même le souhaitons du moins sincèrement), il est bien évident qu'il serait alors souhaitable pour moi, ainsi que pour mes deux plus fidèles serviteurs, de partir s'exiler, je ne sais encore sur quelle île très lointaine ou seulement territoire car après tout l'Ecosse n'est pas une île, du moins par encore, mais la tectonique (des plaques terrestres tout du moins) y travaille lentement. Tout autre chose désormais, bien que cela n'ai aucun rapport, mais simplement car il me vient l'envie de conclure; je me demande si, pour la même raison que le pain aux figues existe et rassasie chaque jour la caste semi-bourgeoise du globe, et à moindre échelle française , le pain aux dattes existera un jour. Si ce n'est pas le cas, alors il me faudra alors dans un premier temps le mettre au point, puis dans un second, regarder tomber l'oseille que sa commercialisation m'apportera. Prenant une mine sérieuse, tant qu'il m'est possible de le faire, et cet air solennel, je vous dis que j'en ferai don, du moins pour une part, aux Indiens d'Amazonie, les mêmes qui s'emplument à la manière de cacatoès technocolore et tassent le creuset du calumet avec de la marijuana comme cela est bien connu, pour qu'ils replantent des arbres et qu'ils puissent danser autour à la manière de leurs ainés, la main sur le goulot sans craindre qu'une balle de plomb ne vienne leur trouer le cul.

Décidemment, l'année risque d'être chargée.




# Posté le samedi 15 mars 2008 07:12

Modifié le samedi 15 mars 2008 09:09

"Quoi qu'on en dise, je dis que tout cela hume la culbutation." [ARTICLE XLVIII]

"Quoi qu'on en dise, je dis que tout cela hume la culbutation." [ARTICLE XLVIII]
" Bénissant l'aurore avec l'habituelle ferveur ascétique écossaise, bénissant le jour de pointer ses rayons, très certainement Dieu. d'être anti-clérical, kami savourait avec délectation l'éclosion du jour naissant dans la paleur d'une aurore fraiche et embrumée, embuant les ornements floraux du parc au sein desquelles trônait sa forteresse baroque. kami se faisait un peu plus belle chaque jour, las d'une beauté émeutière qui attirait les convoitises les plus sanguinolentes entre les membres du noyau conjugal polycentrique - plus que jamais menacé d'éclatement - lassée de s'entendre dire que la paleur de sa carnation naturelle voilait peut-être l'avènement précoce d'un quelque mal gastrique d'origine incertaine, ralentissant sa consommation fromagère, mal qui se voulait être, selon les dires de Calum E.T Jane -titulaire de quelques points de retard à son bac de français- à l'origine de la perte d'appétit constatée dernièrement chez cette dernière et que bien que l'enveloppe corporelle ne semblait pas avoir faiblit pour le moment (les réserves fruitières *(1) s'étend sans doute avérée suffisantes), mieux valait être prudent et faire prévaloir la thèse hypothétique du mal gastrique plutôt que de ne rien faire prévaloir du tout, car comme disait Calum E.T Jane, mieux valait se prévaloir de quelque chose au risque de s'enorgueillir vaniteusement que de ne rien dire du tout. Il arriva fréquemment - tout au long de notre histoire - que le mode de pensée, pour le moins opaque de Calum E.T Jane maintînt ses congénaires dans l'ignorance. Pour autant, chacun s'évertuait à tacher de comprendre, hochant ostensiblement le membre supérieur, ce qui faisait beaucoup rire Calum E.T Jane, ayant depuis longtemps compris que ce qu'il disait ne voulait pas dire grand chose, que les mots en eux-mêmes, une fois vidés du sens commun que l'on leur attribue généralement n'avaient guère plus de sens que celui que l'on daignerai leur donner. Une fois découverte, la supercherie superfétatoire à laquelle ses condisciples acceptaient de se livrer, ne manqua pas de le faire rire, d'autant plus qu'elle ne parvenait qu'à le faire rire lui, ce qui parvenait - nul ne savait trop comment - à le conforter dans la pompeuse opinion qu'il avait de lui-même, persuadé qu'habité par ses paires, le roman du siècle naitrait sous sa plume réformiste. Face à l'avènement d'une nouvelle aurore, difficilement perceptible au travers de la chape nuageuse dressée par le brouillard, kami se risquait à sourire timidement au jour, pensant innocemment que si elle persistait à offrir son plus beau sourire à la timidité d'un jour hésitant à se lever, elle finirait par le convaincre et qui sait, à peut-être - du moins le faisait-elle espérer à son esprit candide -déverser les flots célestes qui attendaient depuis la veille, prisonniers des nuages menaçants qu'ils étaient, gonflés de leurs anhydres charges hurleuses prêtes à sauvagement éructer ; sur les haillons trempés, qu'Arthur, en bonne ménagère, s'était évertué à tout juste rincé à l'eau claire, et qui, étendus à la surface de l'eau chlorée attendaient dans le fond du jardin que la main bénie de Dieu ne les mouilla encore davantage. De son côté,Calum E.T Jane flottait dans l'immensité du domaine intérieur, paradant à la Paradis dans la galerie principale, se rêvant aux bras d'un Johnny convertit à la sexualité multiforme, se mirant avec satisfaction dans son propre reflet qu'il lui arrivait d'imaginer tout autre, trônant comme un paon au milieu du faste d'un mobilier précieux, s'assoupissant au milieu de chimères allusives, se rêvant brun et se voyant avec effroi, effrontément blond dans le miroir intérieur de son être, s'aimant plus que tout autres, et parvenant - nul ne sait trop comment - à se faire aimer plus que tout autre, au sein du boudoir à putains où ses deux femmes et son époux se pâmaient d'admiration pour lui devant l' Invention collective du salon. (mais après tout, tout cela n'est jamais vu qu'au travers des prétentieux globes oculaires de Calum E.T Jane). L'imbuvable insolence volubile d'un Calum E.T Jane aux ongles verts et aux joues bien roses s'enhardissait à une folle vitesse, partout dans la maison l'encre colorée des vernis coulait à l'envi, vert et orange, violet et vert, foncé, clair ou vermeil, une palette plurisaisonnière de coloris chatoyants, plutôt inhabituels aux dires du monde des vivants d'Edinburgh, qui ici trouvait à exprimer toute la ferveur adolescente de leurs éclats seventies. La gaieté ambiante s'exprimait au travers de chants gays, à la Freddy et à la Polnareff, que chacun entonnait plaisamment pour troubler le silence relatif des aurores écossaises, avec un succès non moins relatif selon L. et kami , apprenties-mélomanes au vue des circonstances et des paris crétins. Comme chaque fois, kami et moi nous enivrions du sucre de la voix de notre tendre et cher, bien que non exclusif mari à la sexualité versatile ; ce tendre et chair Arthur qui baladant indécemment son corps élagué de jeune imberbe gai avec faste et aisance dans l'allée principale menant au couloir secondaire, prenait dans nos esprits débilités par la débauche sexuelle, une dimension attique toute autre, ragoutante par bien des aspects. Le corps viril d'un Arthur aguéri à la gymnastique que suppose une sexualité bipolaire, se muait en l'esprit conservateur de Calum E.T Jane en un splendide éphèbe sublime et tortionnaire, qui s'entichant à jouer des nerfs de ses 3 prétendants, non moins sublimes (mais après tout, tout cela n'est jamais vu qu'au travers des prétentieux globes oculaires de Calum E.T Jane) voltigeait sur son haut cheval blanc au rythme des mélodies countries du middle West, dans un état de nudité sauvage, son lasso tournoyant au dessus des têtes voltigeuses de ses paires comme un étendard masochiste prétendument bienveillant. Dans la chaleur hormonale du salon, kami dégustait du bout des dents quelques grains d'un raisin turc -d'importation douteuse- gonflé d'un aigre jus moricaud que ses dents aiguisées perçaient à jour avec méfiance. Moqueurs, Calum E.T Jane et Arthur observaient la scène sans mot dire, riant du caractère substantiel de telles importations, et continuaient à rire de leurs sarcasmes si bruyamment que l'on ne tarda pas à ne plus entendre qu'eux, l'écho de leurs rires dissidents parvenant à arracher, non sans peine, la timide ébauche d'un sourire juteux, des lèvres corail de l' apprentie ana du noyau conjugal que tous - hormis elle-même - s'inquiétaient nerveusement de voir sombrer dans une inaltérable maigreur névrotique. Loin s'en fallait. Arthur à qui il arrivait d'arpenter tardivement l'aile culinaire du château, affirma bientôt que l'enveloppe charnelle de cette très chair kami n'était en rien devenue hermétique à l'appel magnétique de quelques douceurs nocturnes. Dès lors, la sérénité avait refait surface dans ce havre de paix, Arthur et son fidèle allié Calum E.T Jane étaient laissés à leurs escapades Salinienne à travers le château, kami à ses déambulations frénétiques autour de l'aile supérieure. Quand à L., que nul n'avait prit le temps de voir ses deux derniers jours, elle travaillait hargneusement à la rédaction laborieuse d'un manifeste éducatif d'inspiration Artienne. Tout en observant placidement la docilité de son poignet en train d'écrire, L. pensait à Calum E.T Jane et Arthur dans les positions profanes du code sexuel les plus virevoltantes et cela la faisait sourire. Quand à kami, laissée seule aux milieux des cageots d'importations turques, elle lui fit de la peine. Elle l'imagina, seule, laissant son corps étique flotter avec indécision au milieu d'une magnificence artistique et mobilière. Elle la vit seule, décharnée, carnassière, le visage blême et émacié luisant à la paleur scintillante des candélabres dans la nuit, qui ornaient les murs blancs des couloirs. Il faisait froid et sombre, sautant du lit avec la prestance d'un Hercule sous acide, L. sortit de la chambre en trombes, bien décidée à arracher, quel qu'en fut le prix, sa chair et tendre aux griffes méphistophéliques de la nuit."

*(1) cf l'origine suisse du mot.

# Posté le jeudi 28 février 2008 17:34

Modifié le vendredi 29 février 2008 09:28

[ARTICLE] Le titre est visible sur ce blog, pour ceux qu'c'la intéresse. (si ceux il y a, prétendument)

  Le titre est visible sur ce blog, pour ceux qu'c'la intéresse. (si ceux il y a, prétendument)
" Abusant des lointains rayons Jupitériens qui parvenait jusqu'à elle , kami offrait son corps pale à l'aurore boréale, étendant sa silhouette gracile comme un fragile parapet au dessus d'un gazon verdoyant , prête au difficile sacrifice de son corps pour défendre celui qu' hilare, elle considérait comme un revêtement adamique, pour le moins agréable. La pelouse, parsemée de l'or d'une rosée matinale et rafraichie par les pluie diluviennes de la nuit, reflétait son éclat pailleté, s'adonnant à miroiter avec désinvolture dans les lointains rayons Jupitériens qui parvenaient jusqu'à elle. Offrant son corps pale à l'aurore boréale, kami étendait sa silhouette gracile, profitant d'un passage nuageux pour se rappeler qu'en ce lieu paisible où elle et ses amis avaient élus villégiature à temps complet, les accalmies solaires étaient plus courtes qu'ailleurs; et elle ne s'en sentit que mieux. Du château, encore endolori à heure si matinal, émanait un flot sonore de mélodies jazzies à la Billie-Vaughan, Calum E.T Jane -qui ne désignait qu'un homme-, se mirait dans la prose exaltée d'un Nerval amoureux, côtoyant ses tiers avec un peu d'avance. Selon kami, toujours étendue sur les herbes folles d'un gazon rubicond, c'était un peu de retard, Nerval et sa prose fantasque, étant parti rejoindre Dieu depuis longtemps, dans un excès de rage, sans doute, vexé de ne pouvoir égaler le brio clairvoyant de son inégalable rival, Rimbaud-le-Grand. Ce qui, chaque fois réussissait à contraindre Calum etc. au silence, bien que les contre-arguments susceptibles de balayer la thèse folklorique de sa femme bien aimée bien que non exclusive, affluaient en grand nombre. Entre autre, le fait que Rimbaud, également bien-aimé de lui-même, était parti rejoindre Dieu dans les mêmes-eaux., suite à une violente dispute l'opposant au putride-Verlaine dans les abcisses rougeoyantes de l'Enfer. Arthur, peu matinal au réveil, était parti plus tôt encore que ce que le terme matinal autorise, cueillir les quelques baies sauvages dont regorgeaient les arbres malades près du château, à la demande de sa femme, qui se pâmait désormais devant la Lady Godiva du salon, exaltant selon ses dires embrumés (car n'oublions pas que la scène se déroule peu après l'aurore boréale écossaise, c'est à dire peu après 10h30) la beauté féminine, dans toute son insipidité. Puis, décidée à faire mon entrer dans ce monde idyllique, je fais trembler le marbre des couloirs sous mon pas détendu et léger, saluant, bras le long du corps, mes nombreux amis, arrivés à hauteur de leurs chambres respectives, vides. Arrivée en cuisine, j'informe un domestique que je pars m'installer au salon afin qu'il sache où desservir le plateau de fruits garguantesque -probablement très lourd- qu'il s'efforce alors péniblement de maintenir dans un champ parallèle au sol, et que je ne me prive pas d'estimer relatif. Consciente que ce brique-assiette m'a dit bien des horreurs dans une vie antérieure, je le couvre de honnis, qui avec l'arrivée de Jean, puis de kami, puis enfin de Arthur, ne tarde pas à mélodieusement s'amplifier. Puis Jean, rarement à cours d'idées, s'avance dans un faste hormonal, puis pend le domestique (après tout, ce n'est jamais qu'un parmis d'autres) par les pieds, jugeant la suggestion féminine, pourtant approuvée par Arthur, ostentatoire au bon gout et à la décence. Descendant au jardin pour profiter de l'innocuité des rayons solaires dans une bienheureuse harmonie meurtrière, nous rions, unanimement d'accord, malgré nos divergences, pour dire que cette journée commence bien. Puis kami siffle un domestique, -un autre-, lui signifiant que le repas ne va pas se faire tout seul. Il fait alors gris et froid, qu'importe, aucun de nous n'est décidé à rentrer au salon, ne serait-ce Arthur qui nous abandonne, prétextant quelque obscure obligation masculine, d'hygiène physique, qu'aucun de nous ne prend la peine d'entendre, ne serait-ce Calum etc., tendant l'oreille avec lascivité, nous signifiant à son tour que la boustifaille peut attendre, et qu'il ne sera pas long. Kami et moi festoyons donc en solitaire, disconvenant des chefs d'oeuvre et surtout des navets qui font l'actualité littéraire, pensant alors qu'il est plutôt aisé de devenir écrivains. Puis Jean et Arthur reviennent, d'un pas gay et fanfaron, semble-t-il heureux d'être gays. Kami me tend une cigarette, végétale, que je refuse, tentant de faire comprendre, sans exposer déraisonnablement ma cavité buccale au grand jour, que mes dents jaunes sont suffisamment noires comme cela. Vient ensuite l'heure pour chacun de rejoindre sa chambre, les nombreuses perspectives de lectures individuelles amoindrissant la moiteur de l'air intérieur. Une fois dans ma chambre, je me dévêtis, faisant primer le choix déraisonnable du confort sur tout autres choix raisonnables. Nue comme un vers, je me love dans ma couverture en poil de buffle des montagnes, un animal certifié comme authentiquement russe par un vendeur crapuleux, et m'enquis de Dostoievski dans un geste aérien nonchalant. De l'autre côté du mur, là ou les mots emplissent les manuscrits, qu'on s'empresse de sceller par peur des regards indiscrets, à une vitesse surréaliste, je devine la gestuelle assurée de Jean alors lancé dans un monologue voltairien, raillant Schopenauer, l'autre honnis du domaine conjugal, et Kant pour avoir osé l'inspirer (et un peu aussi pour avoir été au programme officiel de philo), ce très-cher-Calum E.T Jane, que l'épaisseur fibreuse des murs m'incite à écouter. Soudain, les voisins, de proches amis logés à Edinburgh qui ont fait le déplacement, sonnent pour m'informer de l'appel impromptu d'une folle furieuse et péremptoire, jurant par tous les dieux de l'Olympe qu'elle fait partie de ma famille. Renvoyant mes nobles amis hagards à leurs pénates, je leur fait savoir par missive ultérieure, que cette folle n'est autre que mère doctrinaire, ne représentant aucunement la figure maternelle aux dires de ma vraie famille qui se trouve ici, avec moi, ainsi qu'à mes dires propres et personnels. Ce sur quoi, mes yeux incarnats signent , dans l'intention délibérée de foudroyer celle qui m'a mise au monde."

# Posté le dimanche 24 février 2008 17:02

Modifié le vendredi 29 février 2008 09:33

One day in my garden ? It's up to you [ARTICLE XXXXVI]

One day in my garden ? It's up to you    [ARTICLE XXXXVI]
** La nuit s'achève. Je prends une grande aspiration à la Baudelaire et m'inquiète un instant du fait qu'il fasse nuit à 9h du matin. Mère doctrinaire tempête en bas. ** Consciente de l'humeur effective de cette dernière qui n'hésiterait pas une seconde à tomber sauvagement sur sa fille et à la rudoyer, je m'empresse de sauter du lit, et fuit à toute allure. Dehors il fait froid et mon pyjama rayé bleu suscite la compassion de quelques rares passants. Une horloge parmis d'autres indique 9h10 et il fait encore nuit. Puis, sans doute est-ce l'obscurité ou bien mon manque de clairvoyance qui me fait trébucher sur une capsule de bière, immense, qui tranche alors la plante du mon pied droit sans faire de concessions. ** Le silence de la rue déserte m'incite alors à pleurer, dans la mesure où mes jérémiades ne réveilleront personne. ** Le brouillard matinal n'étant toujours pas décidé à dissiper la nuit, je suis alors contrainte à tituber dans la pénombre, tout en valsant entre les crottes qui serpentent les trottoirs. Je tente de faire bonne figure, bien qu'il n'y ai personne à convaincre sur le trottoir d'en face, tachant d'oublier la douleur mugissant de la plante de mon pied droit, laissée à découvert. ** A force de trainer la plaie béante de mon pied amoché sur le trottoir, j'ai peur qu'une étincelle se forme et redoute l'explosion. Il fait toujours nuit et, l'orgueil galvanisant ma faible consistance physique me traine péniblement à la fontaine publique. ** Là, un drôle de farfadet me tombe sur le paletot, prétextant que lui aussi s'est égaré dans les ténèbres et qu'il recherche la Lumière. Je laisse l'inconnu à ses épitres et profite que ses yeux clairs s'égarent dans les abimes visqueuses de la fontaine pour m'enfuir à toutes jambes. ** Je ne me retourne pas, de peur qu'il ne se décide à courir après mon ombre pour tacher de me convaincre. Poursuivant ma course en solitaire, je ris malgré les circonstances et arrive bientôt à l'église ou la solennité thuriféraire du St père m'accueille les bras et les jambes grandes ouvertes. La prestance de l'église m'effrayant, je cesse de rire et continue ma quête éperdue dans l'obscurité. Je pense à mes parents pensant qu'à cette heure ci, leur fille a déjà quitté le monde, mon père sans doute un peu triste à l'idée de devoir affronter seule mère doctrinaire, et cette dernière vilipendant contre sa fille, qu'on en va pas tout de même pas plaindre parce qu'il est bien évident que les choses devaient finir ainsi, et qu'à force de saluer poliment tous les romanichels du coin, il était évident qu'elle finirait bien par tomber sous leur coupes à plein temps. ** Je continue à marcher et à broyer du noir, persuadée qu'il n'y a rien d'autre à faire. Je pense à Joan et fredonne alors timidement quelques vers de ma mélodie préférée. ** « Help me make it through the night », tout en pensant cyniquement que le talent de cette dernière comporte une part certaine de clairvoyance. Cela fait près d'une heure que j'ère en pyjama rayé et les rues désertes continuent d'être sombres. L'heure solaire qui semble avoir perdu la boule, n'indique rien, ne serait-ce qu'une vague obscurité. ** J'arrive près d'un pont, sous lequel dansent des oies sauvages qui d'ordinaire ne se plie pas vraiment au climat du grand ouest. Je décide alors de me poser cinq minutes, et me poste à quelques pas des oies silencieuses, histoire de profiter du spectacle euphonique. ** Je lève les yeux en direction du pont et remarque que je ne suis pas seule. Une autre carcasse humaine se tient là, abimé lui aussi par la course effrénée qu'il mène, persuadé qu'elle ne le mènera nul part. Il ouvre de grands yeux clairs et me laisse contempler l'ampleur de sa désillusion. Et il me fait penser à l'autre fou, croisé à la fontaine. Lui aussi semble chercher la Lumière. Sauf que celui là semble plus résolu à la trouver ailleurs. Je l'observe impassible, s'apprêtant à sauter le rambarde et à quitter ce désolant monde-ci avec persévérance. Et pour la première fois de ma courte existence, j'éprouve une empathie sincère pour un inconnu qu'il me semble connaitre. ** Je me tiens alors prête à partir vers d'autres cieux, plus complaisants et surtout plus clairs, lorsque le nanti suicidaire me hèle à plusieurs reprises, semble-t-il courroucé que je n'assiste pas à son exécution. Je lui réponds alors excédée que si la perspective de finir comme une crêpe l'amuse encore, une fois la chandeleur passée, je m'en réjouie pour lui, et pour sa famille qu'il décharge certainement d'un poids très lourd et à laquelle il rend donc un service plus qu'immense, et qu'une âme en peine de moins dans ce monde ne fera chialer personne, et qu'il est inutile de donner de faux espoirs au gens que la vue du sang excite encore en ce début de XXIème siècle, en prétendant être résolu à en finir avec la vie, à fortiori lorsque cela n'est pas vrai, et que se défenestrer du haut d'un misérable pont comme celui-ci n'est finalement pas une si mauvaise fin en soi et que s'il pouvait accélérer la man½uvre au lieu de gémir à l'envi, cela ferait très certainement avancer les choses et pourquoi pas l'heure solaire, qui pourrait se teindre en bleu pour l'occasion, et qu'en conséquence de tout cela, le bagou ne suffit pas toujours pour se faire admirer dans ce monde, et qu'arrive un moment où prouver qu'on a des roubignoles est nécessaire, et que maintenant, si attenter à sa vie l'excite toujours autant et bien qu'il le fasse, dieu. Ce sur quoi, l'homme, dont le regard fixé dans un vide auquel je n'ai pas accès, ne vacille pas d'un iota, s'empresse de tomber, comme une crêpe sur le sol marécageux. ** Ce après quoi je file à toute allure, en reprenant ma course folle où je l'avais laissé, la mort d'un homme sur la conscience en plus, un peu navrée que mes propos consacrés, aient été pris pour parole d'Evangile. Dans ma course, je rencontre un homme, une femme, des ivrognes et des St d'esprit qui tous me demandent où est le soleil et qui, face à mes silences déblatèrent toute sorte d'injures. Je m'apprête à partir lorsqu'un effrayant prognathe aux maxillaires proéminents m'extirpe par le bras et m'ordonne de continuer à courir, en direction du soleil. ** Je reprends ma course et cours encore et toujours, jusqu'à en perdre haleine. La noirceur des visages, des rues, des réverbères, des culs de bouteilles qui jonchent le sol commencent à m'éblouir. Je suis las de courir, et nonobstant les recommandations du vieux sauciflard de prognathe, je cesse de courir à tout va et songe alors moi aussi à faire âprement couler l'eau sous les ponts, mais j'y renonce, par respect pour les signes semblant y avoir trouver logis bien qu'ils fussent rare dans la région. Raison de plus. ** Mon talon boursoufflé a cessé d'être douloureux, et je ressens plus que jamais la douleur violente que chaque pression sur ma voûte plantaire droite occasionne. J'aurais bien des raisons de pleurer mais globalement je me dis que l'état général est bon, qu'à la maison père et mères doctrinaires, qui sont somme toute de bons parents, m'attendent surement avec fébrilité, que ce-foutu-gentil-bon-p'tit-soleil va bien finir par se lever un jour ou l'autre, et que M. (l'autre jocrisse du genre) aura surement renoncé à me haïr jusqu'à la fin de ses jours d'ici là, que faute de mieux m. Pontais daignerai me passer la bague au doigt (l'expérience du château l'ayant surement convertit à la polygamie) kami se voyant ainsi promu marraine des nombreux enfants que nous n'aurons pas. (car il est bien évident que nous nous arrangeront pour tous les faire disparaitre ou déclarer mort-né -haha) Et c'est ainsi que je me retrouve à chantonner Honey Pie, mélodie du bonheur comme une benêt subitement éclairée au milieu d'un nul part qui désormais m'enchante.
« Ho-ney pie, you are ma-king me cra-zy,I'm in lo-ve but I'm la-zy so would you plea-se come home?” “Oh honey ]pie my po-si-tion is tra-gic, Come and show me the ma-gic of your Ho-lly-wo-od son-g (...)”


** Une fois
de retour,
je me dis
qu'il est bien
évident que
moi aussi,
coulerait un
jour, des jours
heureux en
Amérique.
**


# Posté le lundi 18 février 2008 12:30

Modifié le mercredi 20 février 2008 05:11